Malicroix

Description

« Malicroix » est écrit entre 1946, année au cours de laquelle le début du premier chapitre paraît dans « Les Œuvres libres », et 1948, année de parution chez Gallimard. Malicroix confirme le succès d’Henri Bosco dans la période après-guerre ; après le Renaudot en 1945 pour « Le Mas Théotime », il reçoit en 1949 le Prix des Ambassadeurs. « Malicroix » est pour Henri Bosco le meilleur de ces récits : « La création que je préfère, mais qui est je crois la meilleure (je crois que je ne me trompe pas), c’est Malicroix. Malicroix, pour moi, c’est parfaitement réussi, je ne pourrai jamais faire mieux. […] Je crois que j’ai donné avec Malicroix le meilleur de moi-même et le meilleur que l’on puisse donner sur un sujet pareil. » (Entretien avec Jean-Pierre Cauvin, 10 octobre 1962, dans Jean-Pierre Cauvin, « Henri Bosco et la poétique au sacré », page 247)
« Tout le drame de Malicroix est une épreuve de solitude. L’habitant de la Redousse doit dominer la solitude dans la maison d’une île sans village. Il doit y acquérir la dignité de la solitude… Il doit être seul, seul dans un cosmos qui n’est pas celui de son enfance. Il doit, homme d’une race douce et heureuse, hausser son courage, apprendre le courage devant un cosmos rude, pauvre, froid. » (Gaston Bachelard, « La Poétique de l’espace », PUF, 1961, p. 57)
Comme l’analyse Gaston Bachelard, « Malicroix » est le poème de la solitude et du silence, où s’expriment de la manière la plus puissante ces thèmes chers à Henri Bosco. Martial de Mégremut se retrouve seul sur l’île de son grand-oncle, et toute l’action du roman réside dans son attente. Cette solitude n’est cependant qu’apparente car autour de lui, de nombreuses présences se révèlent progressivement à lui : les éléments palpitent, s’acharnent, le fleuve, le vent, la pluie, le ciel, les bêtes, la végétation, sans atténuer sa solitude. « J’étais en des lieux étrangers à ma vie naturelle. Les mots, les bruits, les silences, les objets mêmes, y parlaient un langage à eux, où je n’accédais pas ; et entre eux, ils s’entretenaient, dans cet idiome inconnu » (« Malicroix », Gallimard, 1948, p. 32). Dans les trois mois de son isolement, il passe des épreuves successives qui le mène à entrer en contact avec le démiurge et à passer d’une solitude subie, une réclusion à une solitude assumée, dynamique : « Or ma nouvelle solitude ne me pesait pas ; elle m’allégeait. J’avais rompu. Je ne voyais point trop encore sur quoi portait cette rupture ; car j’étais obsédé par une sensation mal définie, mais d’une puissante présence, qui m’exaltait et m’emplissait de crainte » (p. 158). Car la solitude chez Henri Bosco est la condition sine qua non à l’exploration de soi, puis du divin : « c’est en effet en solitude que toute âme un peu noble doit entrer pour se connaître, c’est-à-dire pour se dépasser » (Henri Bosco, brouillon manuscrit de prière d’insérer pour « Malicroix », cité par Claude Girault, « Dans les marges de « Malicroix » et d’« Un rameau de la nuit » : trois extraits inédits d’Henri Bosco »).
Au terme d’épreuves, Martial s’initie spirituellement et atteint une compréhension supérieure des choses : « Il me semblait que je voyais les choses avant qu’elles ne fussent créées, en deçà de leurs apparences, dans la pure pensée de l’être qui les avaient conçues.
Je m’étonnais, tout en marchant, de la facilité avec laquelle je transposais les objets, les évènements, tel un arbre ou ma promenade, en sensations immatérielles. Don nouveau, inconnu de moi jusqu’à ce jour… » (p. 126). Il reçoit alors cette révélation de l’amour, car se révèle digne de confiance : « les êtres et les choses de ce monde sauvage et exclusif se donnaient à moi et m’aimaient » (p. 171). C’est au quatrième et central chapitre du récit, « Un sortilège », durant la nuit de Noël, où il erre sur l’île et affronte le fleuve, qu’il quitte le statut de personne étrangère à l’île et qu’il acquière la connaissance de l’île.
La solitude est donc la condition pour que s’accomplisse une initiation, où Martial de Mégremut se métamorphose en Malicroix, comme l’indique la progression des titres de chapitre, le premier « Mégremut », le dernier « Malicroix ». Les épreuves successives de Martial face aux éléments de l’île sont une confrontation avec l’héritage Malicroix. Le testament de Cornélius le dit explicitement : « en trois mois d’isolement dur, Mégremut saura et ce qu’il est d’abord, puis qui il est. Si le nom caché ne s’est pas perdu, il l’entendra » (page 72). Toute l’île, mais en particulier La maison La Redousse sont habitées de l’âme de Cornélius, et ne se donne pas aisément à un autre : « Une maison, même si la loi vous la donne, peut fort bien, elle, ne pas se donner » (page 32). Tout est hostile à Martial de Mégremut, l’intrus, l’étranger, jusqu’à la réalisation des épreuves. Martial, arrivé sur l’île en tant que Mégremut, doit s’affirmer Malicroix, face à un autre prétendant du sang, Dromiols, bâtard probable de Cornélius. L’une de leurs confrontations est symboliquement liée au feu, au foyer : dans une des huttes de Balandran, Martial s’interpose et prend le pouvoir sur le feu : « Je passais entre [Dromiols] et le foyer, et j’étendis ma main ruisselante d’eau vers le feu. Le feu, qui déclinait, leva sa pointe claire vers ma paume […] » (page 228), puis met le feu à la hutte, en faisant le sacrifice, ce que seul le maître du lieu peut faire. Pour passer les épreuves, il puise dans son sang Malicroix, « ce mystérieux fleuve intérieur dont le flot noir coulait en moi, parallèlement au fleuve nocturne de la terre » (p. 160). Martial résiste au destin tout tracé des Mégremut qui est de rester dans un état d’enfance heureuse, et atteint la maturité de l’homme en acceptant d’être Malicroix. Il quitte le côté civilisé des Mégremut, au caractère contemplatif, méditatif, rêveur pour retrouver l’origine sauvage et le caractère instinctif lui venant de son ascendance maternelle : « Mais c’est le sang de nos mères que passent en nous les violences, et toujours une race forte en tire le trait singulier qui imprime son génie (page 14). Sur l’île Malicroix, à la nature non domestiquée, s’exprime la Mère Nature, et l’homme se réconcilie avec l’univers et se réalise en être universel dans sa dualité esprit/instincts. Cette île n’est pas qu’un héritage de terre, c’est aussi un héritage du nom et du sang : « Il fallait être là. Il fallait occuper le sol ; et cet air, l’aspirer ; ce vent, en affronter le souffle ; prendre cette pluie sur mon corps ; car c’étaient l’air, le sol, le vent, la pluie même de l’île, héritage de mes pères » (p. 223), et donc des devoirs de la famille.
Dans son séjour sur l’île, Martial apprend aussi l’histoire des Malicroix et leur destin : comment Odéric de Malicroix a tué le taureau blanc des Rambard pour sauver Delphine d’Or se baignant dans le fleuve et comment l’enchainement des vengeances a conduit à la mort de celle-ci, fiancée à Cornélius, et à la rupture de la lignée. Dans cette histoire, Henri Bosco place son récit sous l’influence du sacré païen : le taureau blanc est un avatar de la divinité primitive du Fleuve et de Mithra auquel les mystères antiques offraient rituellement en sacrifice une vierge, mariée au fleuve ; Odéric de Malicroix porte une atteinte brutale au sacré en le tuant et méprise le sacré en jetant le corps du taureau à l’eau. Ainsi les Malicroix, par son hybris, portent une malédiction divine, qui cause la mort de Delphine d’Or et l’extinction de leur nom, comme dans les grands mythes tragiques grecques. Martial est appelé pour l’expiation et la rédemption des Malicroix : « En demeurant ici jusqu’au bout, sans raison qui puisse admettre la raison, je saurai bien si oui ou non je suis capable d’être autre que je ne suis, et plus que moi… Mais quoi ou qui ? – Malicroix peut-être… Soudain le nom remontait en moi, ambigu, et d’un bruit si clair pourtant. Nom double, dont les sons évoquaient des sens opposés (que je démêlais mal) mais qui provoquaient deux figures, l’une de péché, au début, et l’autre, au bout, expiatoire et rédemptrice » (p. 124). Ses épreuves sur l’île sont une métamorphose purificatrice, le préparant à l’épreuve rédemptrice, celle du codicille de Cornélius. Symboliquement, ce codicille n’est remis que quand Cornélius juge qu’une filiation aura été retrouvée, après les trois mois sur l’île, et l’épreuve qu’il contient consiste à achever le voyage qui a privé Cornélius de sa femme et de sa descendance : « Je compte sur votre jeunesse pour redresser la proue et toucher, au pied du calvaire, la rive orientale du vieux fleuve où, par le fait de nos miséricordes, le pécheur trouvera la paix, et où mon Ombre attendra une autre Ombre, que vous transporterez, invisible, avec vous, pour que je puisse enfin, dans l’autre vie poursuivre mon voyage » (p. 256). La réunion des âmes de Cornélius et Delphine d’Or après la mort grâce à la traversée du fleuve renvoie à l’image du fleuve comme lien entre le monde des vivants et des morts, héritée du fleuve des Enfers grecs : Le Grelu, passeur sur le fleuve, évoque Charron et l’âme de Delphine d’Ombre (comme Henri Bosco l’avait d’abord nommé dans son manuscrit) doit être sauvée en traversant le fleuve comme dans le mythe d’Orphée, autre personnage mythologique ayant donné lieu à un culte à mystère. Martial devient le passeur des âmes des morts.
C’est parce qu’il a pu devenir Malicroix et affronter les épreuves de l’île, qu’il doit et qu’il parvient à traverser le fleuve pour accoster sur la rive orientale du fleuve. En réussissant l’épreuve finale, Martial conjure la fatalité et la mort en réunissant les deux amants dans l’au-delà et efface la malédiction de la famille Malicroix. La purification de la famille Malicroix et son pardon se fait également dans la constitution d’un nouveau couple Malicroix, Martial et Anne-Madeleine. Martial, pour réussir l’épreuve revivifiant le nom Malicroix, ne devient pas seulement un Malicroix, mais un Malicroix capable de pardon et de paix, non porteur de vengeance : « Il faut, me murmurais-je, atteindre à cette âme tentante ; et le puis-je sans Malicroix (sans devenir moi-même Malicroix), qui aima et qui fus aimé ? » (page 125). Le personnage de Delphine d’Or, symbole d’un amour parfait car non réalisé charnellement, sanctifie l’amour très humain entre Martial et Anne-Madeleine : elles sont les deux faces, surnaturelle et humaine, d’un même amour unissant ciel et terre, finalement placé sous le signe de la Croix, sous l’« image du Plus Grand Amour » (Henri Bosco, « Ce fleuve, le Rhône », postface à « Malicroix », Club des Libraires de France, 1957). Dans les héros bosquiens, Martial est le seul à connaître l’amour terrestre, en plus de l’amour de Dieu. Car Martial accoste au niveau d’un calvaire, sous lequel est enterré le corps du taureau blanc, au moment de l’Elévation de la messe en mémoire de Delphine d’Or prononcée par le prêtre sur le fleuve. Henri Bosco, encore une fois, opère une « fusion des sacrés » (Jean-Pierre Cauvin) et la rédemption face à un sacrilège païen arrive par l’amour divin.

Résumé

Martial de Mégremut, jeune homme élevé par la famille de son père Mégremut, est désigné comme héritier par son grand-oncle maternel, Cornélius de Malicroix, qui vivait seul sur une île en Camargue, au milieu du Rhône, La Redousse. Il fait le voyage sur l’île pour y rencontrer le notaire de son oncle, Maitre Dromiols. Le testament émet une condition à l’héritage de l’ensemble des terres Malicroix : que Martial de Mégremut passe trois mois sur l’île, sans la quitter un seul jour. Pour son séjour, Martial est accompagné du berger de Cornélius, Balandran, qui s’occupe de son gîte et de son couvert, mais se montre distant avec Martial. Seul et isolé, il est également la proie des manigances de maître Dromiols qui souhaite le voir échouer et récupérer l’héritage, servi par son clerc, Oncle Rat, et des ambitions également de ses voisins du rivage, les Rambard. Il affronte également les éléments, la pluie, la tempête, la neige. En janvier, alors que Dromiols retient Balandran hors de l’île, dans l’espoir de faire quitter l’île à Martial, celui-ci est pris de fièvres et tombe inconscient. Il est soigné par une fille anonyme, élevée par le passeur du fleuve, Le Grelu, qui se fait appeler Anne-Madeleine. Martial tient bon et devient comme son oncle « solitude, silence, obstination » (page 76) et acquiert la connaissance de l’histoire et du nom des Malicroix. Il retourne auprès des Mégremut, mais ne s’y trouvant plus à sa place, revient sur l’île où Balandran lui remet un codicille au testament de Cornélius. Il enjoint Martial de venger la fiancée de Cornélius, morte lors du passage du fleuve il y a longtemps. De nuit, il traverse le fleuve sur le bac du Grelu, responsable de la mort de Delphine d’Or, et parvient à éviter l’écueil du Ranc et à aborder sur la rive orientale, près du calvaire où Cornélius et Delphine d’Or aurait dû aborder et y retrouve l’amour d’Anne-Madeleine.

Table des matières

Mégremut

Dromiols

La Redousse

Un sortilège

Balandran

Un nom de cette terre

Halte

Malicroix

Collections

Relation(s)

« L’Enfant et la rivière » et « Malicroix » partagent leur caractère initiatique sur un terrain cher à Henri Bosco, le fleuve — l’un sur la Durance, l’autre sur le Rhône. Dans les deux récits, les héros, Pascalet et Martial, se retrouve à devoir apprendre la survie sur une île. Mais si Pascalet choisit de fuir pour trouver sur la rivière un refuge face à la solitude de sa vie familiale et trouve en Gatzo un double fictif, Martial se retrouve en réclusion forcée sur le fleuve sans l’avoir choisi, et doit s’initier pour en devenir le maître et pour atteindre la maturité.

Selon des propos tenus à Claude Girault en septembre 1963, Henri Bosco aurait été frappé par le récit de Joseph Conrad « Au bout du rouleau » dont le personnage principal était capitaine d’un vapeur naviguant sur le Mékong, devenu aveugle et continuant à remonter le fleuve d’après ses souvenirs. Cela lui donne alors l’idée d’un récit autour d’un personnage aveugle remontant son fleuve, le Rhône. Cette première idée engendra le personnage du Grelu de « Malicroix ».
De manière plus profonde, « Malicroix » et son héros Martial, égaré sur un terre inculte du delta marécageux du Rhône peut être rapproché de Willems le Hollandais d’« Un paria des îles » de Joseph Cornad : celui-ci, traître trahi par ses camarades et rejeté de la civilisation se retrouve dans les îles de Bornéo, dans la forêt équatoriale de l’estuaire du fleuve Panaï, donc comme Martial en exil sur une île sauvage. Les deux auteurs partagent le thème de la solitude dans une étendue d’eau sauvage, et du silence, ainsi que le motif à connotation biblique de l’hostilité de la nature et des métaphores épiques et homériennes où les vents deviennent rois. Mais si Joseph Conrad mène son personnage à la dissolution et à sa mort, « Malicroix » est un récit initiatique, où la solitude n’est pas destruction mais une condition nécessaire à l’évolution spirituelle. Henri Bosco transforme la claustration dans l’île sauvage en une exaltation et une élévation.

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Relation
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L'enfant et la rivière Relation(s) work

Forme de l'oeuvre (au sens FRBR)

fre Roman

Titre

fre Malicroix

Date de création originale

1946/1948

Langue(s)

fre

Couverture spatiale

fre Comme en témoigne Henri Bosco dans un entretien avec Robert Ytier (Robert Ytier, « Henri Bosco ou l’amour de la vie », p. 167), « Malicroix » est « une espèce d’épopée, l’épopée du fleuve Rhône » : « Près de trente ans après avoir quitté [le Rhône], je l’ai revu, en moi, et j’ai brusquement éprouvé le désir d’en faire revivre — toujours en moi, d’abord en moi, — les bords, les eaux, la force, la sauvagerie.
Puis je l’ai tenté, non sans crainte…
Ainsi j’ai créé Malicroix. Or, sauf un, tous les personnages de ce drame sont du Rhône, tiennent au Rhône, en tirent leur vie, leur pensée, leurs passions, et une certaine stature, qui n’est pas celle du commun, non plus que ne l’est leur Fleuve vital, qui a pour vocation de passer toujours la mesure ordinaire des fleuves. » (Henri Bosco, « Ce fleuve, le Rhône », postface à « Malicroix », pour l’édition du Club des Libraires de France, 1957). Le sentiment de la grandeur des eaux sauvages qu’il a décrit dans ses souvenirs d’enfance donne son sens au choix de placer son récit sur le fleuve : « Avignon, c'est l'enfance et surtout l'obsession des eaux. II y a là deux fleuves, le Rhône, la Durance. J'ai vécu longtemps à leur confluent. J'ai connu leur violence, leur brutale personnalité, leur grandeur… Très tôt, je les ai eus comme des créatures. Elles étaient très dangereuses, néfastes, mais nobles tout de même. J'ai aimé leurs rives, leurs îles, leurs bêtes. Universelle vie naturelle, image de l'écoulement, qui m'ont si bien hanté que j'en ai fait naître, plus tard, un récit dramatique, Malicroix, qui est le combat de l'homme et du fleuve. » (Henri Bosco, « Henri Bosco par lui-même », dans « Cahiers de l’Amitié Henri Bosco », numéro 1, novembre 1972).
Le Rhône est intimement lié à la Camargue : « Il a enfanté la Camargue, il la défend encore. Il en est le père… il fût là, épandu, farouche, depuis l’aube des âges. Le Rhône vivant aujourd’hui, pour puissant qu’il soit, n’est qu’un fils d’ancêtres plus puissants encore. » (Henri Bosco, « La Camargue » dans « La Mer », numéro 6, novembre 1968, p. 21). Paternité symbolique du Rhône qui s’étend dans « Malicroix » sur l’ensemble des personnages : le fleuve est origines et représente la race Malicroix à laquelle Martial doit s'initier. En ce sens, il est logique de constater que La Camargue, où Henri Bosco situe explicitement l’action, est décrite plutôt comme le delta du Rhône, avec sa végétation luxuriante, ces rives instables, ces bras morts et ces ilots. Le fleuve de « Malicroix » est à la fois le fleuve des eaux sauvages et vivantes, au courant violent, et le fleuve des eaux mortes, de la fange et des bourbiers — celui-ci est celui de la Camargue. Il symbolise à la fois le temps qui passe, s’écoule et la mort, et l’éternel retour de la vie, qui se retrouve dans le récit par la résurgence du couple Delphine-Cornélius dans le couple de Martial et Anne-Madeleine.

Récompense reçue

fre Prix des Ambassadeurs (1949)

Identique à

Identifiant pérenne

Source(s) utilisée(s)

fre Yutaka Kogure, « Bosco et Conrad : autour de « Malicroix » et « Un paria des îles » », dans Bulletin du département de littérature de l’Université de Waseda, volume 48, numéro 2, mars 2003, pages 39-50.