Cinémas

Description

Un numéro de 1936 de la revue La Cinématographie française présente ainsi la situation du cinéma en Indochine : "L’exploitation en Indochine se divise en deux circuits totalisant une cinquantaine de salles ; chaque circuit possédant ou programmant la moitié de ce nombre. Ces deux circuits sont : Indochine films et cinémas [… et] la Société des Ciné-Théâtres d’Indochine. L’Indochine films et cinémas a son siège à Saïgon, tandis que la Société des Ciné-Théâtres d’Indochine est installée à Hanoï. […]
Au temps du cinéma muet, il y avait en Indochine quantité de salles de cinéma : près de 300. Il était facile de se procurer n’importe quel poste, un Pathé-Enseignement par exemple, et de projeter dans une salle de 30 ou 50 places des films anciens. En plus des salles des grandes villes bien installées et donnant les nouveautés, on trouvait dans tous les coins de petits cinémas fixes ou ambulants pour qui les frais d’exploitation se résumaient à presque rien. L’avènement du cinéma parlant changea forcément les anciennes méthodes d’exploitation. Dans les grandes villes — Saïgon, Haï-Phong, Hanoï —, des salles modernes, dont certaines possèdent 800 et 1.000 places, furent construites et bien équipées avec du bon matériel sonore. Et c’est ainsi que les deux circuits mentionnés plus haut se partagèrent bientôt toutes les salles indochinoises. […]
Quel est le public qui fréquente le cinéma en Indochine ? D’abord les fonctionnaires, qui composent la majorité des Français vivant à la Colonie ; public très snob, très difficile et dont une grande partie est absente pendant six mois de l’année : l’été. Les colons, élément restreint vivant dans la brousse et venant occasionnellement dans les centres. Les indigènes. Ceux qui constituent la partie la plus importante de la clientèle. Les Indochinois parlent tous aujourd’hui, surtout dans les centres, la langue française. Ils adorent le cinéma et y viennent régulièrement quand ils ont de l’argent. […]
Quels films sont montrés en Indochine ? […] Les films préférés par les indigènes sont les films d’aventure et de mouvement. Les films de sentiment, avec conflit psychologique, ou les vaudevilles, dans lesquels le dialogue prédomine, ne les intéressent guère. Seuls les indigènes de classe, ceux qui ont fait leurs études à Paris, s’intéressent au cinéma artistique ou très parlant, mais évidemment, ils sont la minorité. Les Européens se plaisent à voir les mêmes films qui plaisent à Paris. Mais comme la clientèle indigène est la majorité, ce sont les films comme Tarzan qui font les plus belles recettes. M. Aisner nous apprend qu’après À l’Ouest rien de nouveau, qui fut le premier film parlant projeté en Indochine, c’est King Kong qui, dans son circuit, a battu tous les records de recettes. […]
Y a-t-il une censure des films ? Naturellement, celle assumée par le gouvernement est la même qui s’exerce dans toutes les colonies. Il ne faut montrer aucune scène de révolte, aucune scène où des indigènes pourraient être molestés par des blancs. Ainsi ne furent pas montrés Ombres blanches, Les Trois Lanciers du Bengale. On nous a interdit un film nudiste, Au delà du Rhin, pour Hanoï, mais le même film fut autorisé pour Saïgon. […]"
La photothèque de l'ASEMI possède quelques photographies, dans la collection Azambre, montrant notamment les cinémas de Hanoi dans les années 1950.

Ressources liées

Nom

fre Cinémas

Autre(s) forme(s) du nom

fre Cinémas (constructions)
fre Cinémas permanents
fre Salles de cinéma
fre Cinés
fre Théâtres cinématographiques

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