Olympiades populaires

Description

Organisées en protestation à la tenue des Jeux Olympiques à Berlin, sous régime nazi, les Olympiades sont conçues comme des Jeux antifascistes mais sont interrompues par le soulèvement militaire de Général Franco le 18 juillet 1936.
Lorsqu’après la nomination d’Hitler en janvier 1933 et ses lois de Nuremberg de 1935, les athlètes non aryens sont exclus ou déchus de leurs titres pour les Jeux Olympiques de 1936, prévus depuis 1931 à Berlin, de nombreuses manifestations et une pétition pour le boycott sont lancées en Europe et aux Etats-Unis. L’Internationale rouge sportive (IRS), qui dépend de l’Internationale communiste, crée un Comité international pour le respect de l’idée olympique. A partir du début de l’année1934, l’IRS projette la tenue de « jeux sportifs populaires » dans plusieurs pays et après la victoire du Front populaire espagnol le 18 février 1936, sa section espagnole, la Federación cultural y deportia obrera (FCDO) est chargée de " […] prendre les dispositions pour organiser des jeux populaires espagnols en été de cette année, au moment de l’Olympiade hitlérienne de Berlin. Cette fête doit réunir tous les sportifs progressistes d’Espagne, de Catalogne, etc. ainsi que les sportifs étrangers. […] Toutes les actions doivent être orientées vers le renforcement général de la FCDO. L’Internationale sportive prendra de son côté des mesures pour aider la FCDO dans l’accomplissement de ses tâches."
La FCDO opte pour la tenue à Barcelone de ces jeux. Le programme est fixé début mai 1936 et les invitations officielles sont envoyées en juin. La cérémonie d’ouverture est fixée au 19 juillet 1936. 6 000 athlètes s’inscrivent, venant de 22 pays dont le plus grand nombre d’Espagne et de France, mais aussi d’URSS, des Etats-Unis, des Pays-Bas, de la Belgique, de la Tchécoslovaquie, le Danemark, la Norvège, la Suède, l’Algérie, la Palestine, et des exilés politiques et juifs d’Allemagne et d’Italie. La plupart viennent d’associations sportives ouvrières. Environ 300 athlètes suisses se rendent à Barcelone.
Mais dans la nuit du 18 au 19 juillet, le général Franco tente de prendre le pouvoir et à Barcelone, certains athlètes descendent dans la rue pour participer à la résistance face aux militaires. Si le calme revient à Barcelone le 20 juillet, le comité exécutif des Olympiades populaires annonce leur annulation le 23 juillet. Le lendemain, les premiers miliciens partent pour l’Aragon avec en leur sein certains athlètes, dont Clara Thalmann.