À Marseille, la "préférence locale" contre les discriminations à l'embauche

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A Marseille, étude de la mise en place par les entreprises et les pouvoirs publics de procédures de recrutement préférentiel de migrants. Publié début 1998, cet article s’inscrit dans le contexte de la fin des années 1990 qui voit un certain nombre de recherches aborder les discriminations sans que toutefois la question n’ait été appropriée en tant que telle par les pouvoirs publics. Il faudra en effet attendre la fin de l’année 1998 pour qu’elle soit abordée au sein d’un conseil des ministres, et le début des années 2000 pour voir émerger le premier dispositif public dévolu à la « lutte contre les discriminations ». Co-écrit avec François Vourc’h, il reprend les principaux résultats d’un rapport réalisé pour la fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail et coordonné par John Wrench (De Rudder, Poiret, Vourc’h, "La prévention de la discrimination raciale, de la xénophobie et la promotion de l’égalité de traitement dans l’entreprise. Une étude de cas en France", CNRS-URMIS, 1997). Il fait le point sur les contradictions politiques et sociales posées par le tabou de toute invocation explicite de l’ethnique ou du racial dans un contexte républicain français « aveugle à la couleur ». Il aborde les bricolages, double jeu et double discours auxquels sont contraints les institutions et les acteurs en charge de l’application des politiques sociales qui, dans leurs actions, sont amenés à tenir compte des stigmates ethniques et raciaux et de leurs effets inégalitaires. À partir d’une étude de cas portant sur l’implantation d’un centre commercial dans les quartiers Nord de Marseille, les auteurs illustrent la manière dont les entreprises du Grand littoral et les pouvoirs publics locaux, notamment sous la pression des résidents des cités riveraines, ont été amenés à mettre en œuvre des procédures de recrutements préférentiels basés sur une « préférence locale » à l’embauche. Fondée sur une définition territoriale de problèmes sociaux, l’instauration d’une telle « action positive » qui ne dit pas son nom a permis un contournement systématique du champ « miné, mais inévitable, des catégories ethniques ou raciales » tout en le traitant de manière centrale, dans un jeu d’occultation et de reconnaissance.

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Titre Libellé alternatif Classe
Hommes et Migrations Text

Type de document

fre Tiré à part
fre Article

Titre

fre À Marseille, la "préférence locale" contre les discriminations à l'embauche

Editeur(s)

fre Cité nationale de l’histoire de l’immigration

Lieu de création

fre Paris

Date

fre 1998-02/01

Langue

fre fre

Format

fre Fichier PDF
fre 3,71 Mo

Importance matérielle

fre 12 p.

pages

fre 28-48

Est une partie de

Source

Université Côte d'Azur. BU Saint-Jean d'Angély. Fonds Véronique De Rudder

Droits

fre CC-BY-NC-SA

Licence

public

Identifiant pérenne

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A Marseille, étude de la mise en place par les entreprises et les pouvoirs publics de procédures de recrutement préférentiel de migrants.
Publié début 1998, cet article s’inscrit dans le contexte de la fin des années 1990 qui voit un certain nombre de recherches aborder les discriminations sans que toutefois la question n’ait été appropriée en tant que telle par les pouvoirs publics. Il faudra en effet attendre la fin de l’année 1998 pour qu’elle soit abordée au sein d’un conseil des ministres, et le début des années 2000 pour voir émerger le premier dispositif public dévolu à la « lutte contre les discriminations ».
Co-écrit avec François Vourc’h, il reprend les principaux résultats d’un rapport réalisé pour la fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail et coordonné par John Wrench (De Rudder, Poiret, Vourc’h, "La prévention de la discrimination raciale, de la xénophobie et la promotion de l’égalité de traitement dans l’entreprise. Une étude de cas en France", CNRS-URMIS, 1997).
Il fait le point sur les contradictions politiques et sociales posées par le tabou de toute invocation explicite de l’ethnique ou du racial dans un contexte républicain français « aveugle à la couleur ». Il aborde les bricolages, double jeu et double discours auxquels sont contraints les institutions et les acteurs en charge de l’application des politiques sociales qui, dans leurs actions, sont amenés à tenir compte des stigmates ethniques et raciaux et de leurs effets inégalitaires.
À partir d’une étude de cas portant sur l’implantation d’un centre commercial dans les quartiers Nord de Marseille, les auteurs illustrent la manière dont les entreprises du Grand littoral et les pouvoirs publics locaux, notamment sous la pression des résidents des cités riveraines, ont été amenés à mettre en œuvre des procédures de recrutements préférentiels basés sur une « préférence locale » à l’embauche. Fondée sur une définition territoriale de problèmes sociaux, l’instauration d’une telle « action positive » qui ne dit pas son nom a permis un contournement systématique du champ « miné, mais inévitable, des catégories ethniques ou raciales » tout en le traitant de manière centrale, dans un jeu d’occultation et de reconnaissance.

Couverture

Marseille (Bouches du Rhône)