Deprat, Jacques (1880-1935)
Classe
Personne
Forme retenue
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Deprat, Jacques (1880-1935)
Autres formes du nom
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Deprat, Jacques F. (1880-1935)
Pseudonyme(s)
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Herbert Wild
Nom de famille
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Deprat
Prénom(s)
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Jacques
Langue
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Nationalité
fr
Genre
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Masculin
Identifiant pérenne
Date de naissance
1880-07-31
Date de mort
1935-03-07
Lieu de naissance
Lieu de décès
Portrait, représentation de la personne
Récompense(s) reçue(s) par la personne décrite
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Prix des Français d'Asie 1931 pour l'ensemble de son œuvre et plus spécialement pour "Le Colosse endormi" et "L'Autre Race"
Publications
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Publications scientifiques sur Humazur :
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Romans et récits sur Humazur (par ordre chronologique de parution) :
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Ailleurs :
Profession / Activités
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Géologue
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Écrivain
Collègue
Membre de
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Deprat, Jacques (1880-1935)
Description
Jacques Deprat est d'abord un géologue puis un écrivain, venu à la littérature par un coup du sort. Dans sa jeunesse, il développe un goût pour les sciences naturelles qui le pousse à étudier la géologie. Boursier de doctorat, il effectue en 1902 une mission dans l'île d'Eubée et est fait Docteur à 25 ans. Dans les années qui suivent, il donne un cours de Pétrographie à la Faculté des Sciences de Besançon et réalise en parallèle des missions géologiques en Sardaigne et en Corse.
En 1909, il est mis à la tête du Service Géologique de de l'Indochine. Entre 1909 et 1917, il abat un travail considérable et publie plusieurs études géologiques, dont certaines sont disponibles sur Humazur. Considéré comme brillant dans son domaine, Jacques Deprat voit sa vie bouleversée en 1917 quand éclate l'"Affaire Deprat", véritable Affaire Dreyfus de la géologie française. Cette année-là, il se retrouve injustement accusé par deux de ses collègues (Henri Mansuy et Honoré Lantenois) d'avoir frauduleusement introduit des roches européennes dans une récolte paléontologique indochinoise. Ses deux collègues, probablement par jalousie, font jouer leur réseau pour obtenir sa déchéance. C'est chose faite en 1919, quand un jury d'honneur de la Société de Géologie française décide de le radier de la société ; c'est le seul cas de radiation dans toute l'histoire de cette institution.
Jacques Deprat se retrouve donc chassé de son poste indochinois et doit retourner vivre en France, à Moulins (Allier). Au chômage et humilié, il choisit de devenir un autre homme : il prend le nom à consonnance anglaise d'Herbert Wild et signe sous celui-ci des romans, des nouvelles et même quelques poèmes. De 1924 jusqu'à sa mort accidentelle en 1935, Jacques Deprat trouve ainsi "sa rédemption en inventant [...] de fausses histoires, dont certaines crient sa vérité d'homme blessé", selon le mot d'Alain Quella-Villéger (Voyages en exotismes : ailleurs, histoire et littérature, p. 92). La plupart de ses écrits prennent pour cadre l'Indochine, qu'il a sillonnée dans le cadre de son travail pour le Service géologique.
Son œuvre très prolifique commence donc en 1924 avec la publication aux Éditions du Chevalier de "Le Conquérant", roman qui traite du milieu minier au Tonkin. Ce roman est réédité l'année suivante chez Albin Michel accompagné d'une courte lettre-préface de Claude Farrère, qui dit aimer le livre "non seulement parce que c'est un beau livre, mais encore parce que ce beau livre explique lumineusement l'lndo-Chine de 1925.". Alain Quella-Villéger explique que Deprat a rencontré Claude Farrère au moment de sa reconversion en écrivain pour lui demander des conseils et des recommandations. En 1925, il publie le recueil de nouvelles "Dans les replis du Dragon" et écrit des feuilletons pour plusieurs journaux : "Le Spath d'Islande" (Le Temps) ; "Le Nuraghe d'Inghiriadu" (Journal des débats politiques et littéraires) ; "Le Voyage de Caius Herennius au pays des Han" (Les Pages indochinoises). En 1926 paraît "Les Chiens aboient...", transposition romanesque de l'injustice qu'il a vécue (le personnage principal porte le nom de Dorpat !). Cette même année, il écrit de nouveaux feuilletons pour Le Temps : "Le Jubilé du Professeur Mendax", dédié à Claude Farrère, et "La Confession de Caïn".
L'année 1927 voit la parution de "Le Colosse endormi", roman sur la révolution chinoise et d'un nouveau feuilleton, toujours dans Le Temps, "L'Ombre de Banquo". Cette même année, Jacques Deprat aurait pu remporter le Grand Prix de littérature coloniale : "Les chiens aboient..." est défendu par plusieurs membres du jury lors des débats, mais il est finalement écarté "pour des raisons de diplomatie coloniale" (La Vie, 1er avril 1927), le roman fustigeant notamment Albert Sarraut, créateur du prix. Dans ces années, Deprat a été retenu plusieurs fois pour le Grand Prix, son nom apparaissant dans les débats pour les prix de 1925, 1926, 1927 et 1928, mais il a toujours fini écarté, étant peu apprécié des autorités coloniales suite à sa radiation de la société de géologie.
En 1928 paraît "Les Corsaires", autre roman inspiré de son traumatisme qui dénonce l'imposture dans les milieux scientifiques parisiens. De nouveaux feuilletons paraissent cette même année : "L'Homme qui eut peur" (Le Temps) ; "Le Capitaine du Faï-tsi-long" (La Dépêche coloniale), un roman sur l'union d'une femme française avec un Chinois et les incompréhensions qui peuvent naître entre ces deux êtres ; "L'acquittement de Lao Toung-Po" (La Revue de Paris). En 1929, publication de "Le Retour interdit", roman qui prend pour cadre la Société des Nations et de deux nouveaux feuilletons dans Le Temps : "Le Regard d'Apollon" et "Le Grand Pèlerin". En 1930, "Le Regard d'Apollon" paraît dans un volume, réuni avec "Le Jubilé du professeur Mendax". Un nouveau feuilleton, "Histoire de partout" paraît dans La Dépêche coloniale. Son écrit majeur de l'année est "L'Autre Race", roman sur le métissage pour lequel il reçoit une voix au prix Goncourt.
L'année 1931 marque sa consécration : il reçoit le prix des Français d'Asie (dont le jury se compose des principaux écrivains indochinois) pour l'ensemble de son œuvre et plus spécialement pour "Le Colosse endormi" et "L'Autre Race". Cet honneur est assorti d'une récompense de 25 000 francs. Cette année-là, il publie aussi "L'Ambassade oubliée", roman qui évoque un contact entre Romains et Chinois dans l'Antiquité et qui est une réédition du "Voyage de Caius Herennius", paru quelques années auparavant en feuilleton. En 1932 paraît son dernier roman, de son vivant, qui ne soit pas une réédition, "Le Dernier avatar de Sambor Rutland", inspiré de la vie de Ignaz Trebitsch-Lincoln.
Féru d'alpinisme, Jacques Deprat fait une chute mortelle au pic de Pétragème le 7 mars 1935. Quelque semaines après sa mort, "Le Capitaine du Faï-tsi-long" est réédité en un volume. En 1936 paraissent de façon posthume deux derniers romans : "Monsieur Joseph", accompagné d'une préface de Claude Farrère, et "La Paroi de Glace". D'autres écrits sont mentionnés dans les pages "Du même auteur" de ses publications, sans qu'on en trouve trace : "En Marge du Pacifique", "Le Troisième Faust", "La Prise de Brisach", "Le Chasseral", "Contes philosophiques", "Nausicaa", "La Mort de Bernard de Saxe", "Vieille histoire du vieux Japon".
Jacques Deprat fait de nouveau parler de lui au début des années 1990, quand le professeur de Géologie Michel Durand-Delga mène l'enquête sur son histoire et conclut à innocence. Ses recherches sont présentées en novembre 1990 lors d'une séance du Comité d'Histoire de la Géologie. Quelques mois plus tard, en 1991, lors de l'Assemblée générale annuelle de la société de géologie de France, la mémoire de Deprat est publiquement réhabilitée et sa radiation annulée. Cette histoire inspire l'Anglais Roger Osborne, qui a publié en 1999 un livre intitulé "The Deprat Affair: Ambition, Revenge and Deceit in French Indo-China", dernier écrit consacré à Jacques Deprat à ce jour.
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| Indochine française. Service géologique | Membre(s) de l'organisation | Organisation |
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| Mansuy, Henri Alphonse (1857-1937) | Collègue | Personne |
| Titre | Libellé alternatif | Classe |
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Lectures littéraires sur l'Indochine |
Contributeur(s) | Texte |
L'Indochine par les Français |
Contributeur(s) | Texte |
| Titre | Libellé alternatif | Classe |
|---|---|---|
Prix des Français d'Asie |
Concept |


















