Bigot, Georges (1860-1927)

Classe

Personne

Forme retenue

fre Bigot, Georges (1860-1927)

Autres formes du nom

fre Bigot, Georges Ferdinand (1860-1927)
jpn Bigō Joruju (1860-1927)
jpn Bigō (1860-1927)
jpn ビゴー ・ ジョルジュ (1860-1927)
jpn ビゴー (1860-1927)

Pseudonyme(s)

jpn Hidari kiki

Identifiant de la personne dans un référentiel externe

Nom de famille

fre Bigot

Prénom(s)

fre Georges

Langue

fre
eng
jpn

Nationalité

fr

Genre

fre Masculin

Identifiant pérenne

Date de naissance

1860-04-07

Date de mort

1927-10-10

Lieu de naissance

Lieu de décès

Portrait, représentation de la personne

Récompense(s) reçue(s) par la personne décrite

fre Peintre officiel du Ministère des Colonies (1906)

Profession / Activités

fre Peintre
fre Caricaturiste
fre Journaliste

Reprendre la forme retenue

fre Bigot, Georges (1860-1927)

Description

Peintre, illustrateur et caricaturiste, Georges Bigot (1860-1927) est un artiste français de la fin du XIXe siècle, oublié en France mais encore très connu au Japon, où plusieurs livres et expositions lui ont été consacrés. Son existence et son œuvre sont en effet étroitement liés au pays du soleil levant, où il a séjourné sans interruption pendant 18 ans (1882-1899). Ses œuvres sont incontournables pour l’étude des représentations de l’ère Meiji (1868-1912), période caractérisée par l’ouverture du Japon à la culture occidentale et la modernisation de ses structures économiques, politiques et sociales.
Les informations sur la vie de Bigot ci-dessous compilent des informations tirées des articles de Shigeru Oikawa, de la monographie sur Bigot écrite par Christian Polak et Hugh Cortazzi, ainsi que des textes du catalogue de la première exposition consacrée à Bigot en France, écrits par Tadayasu Sakai, Isao Shimizu et Hélène Cornevin (cf. champ Source pour le détail).
Né à Paris en 1860 d’une mère peintre de miniatures qui l’a élevé seule, Georges Bigot commence sa formation artistique à l’École des Beaux-Arts, où il entre à l’âge de 12 ans. Il commence dès 1878 une carrière d’illustrateur, en contribuant au journal La Vie moderne puis en illustrant Nana d’Émile Zola. Vers 1880, il noue des liens avec les premiers japonistes comme Felix Régamey ou Félix Buhot, rencontres qui lui donnent probablement l’envie de découvrir le Japon et ses arts. Sur ses motivations, Bigot est présenté aux Japonais dans un article du Kaishin Shimbun de 1885 comme "venu au Japon pour étudier la peinture japonaise et pour montrer par ses dessins aux Européens les paysages et les mœurs du Japon.".
Parti en novembre 1881, il arrive à Yokohama à la fin du mois de janvier 1882. Grâce à ses contacts avec un Français employé par le gouvernement japonais, Prosper Fortuné Fouque, il obtient un poste à l’École Militaire de Tokyo (Rikugun Shikan Gakkō), où il enseigne le dessin et la peinture pendant deux ans. C'est un Japon bien différent de celui fantasmé par les artistes parisiens qu’il découvre. Les Occidentaux vivent alors dans des concessions bâties à leur image, où ils bénéficient du droit de commerce et de l'extraterritorialité c'est-à-dire qu’ils ne sont pas assujettis au droit japonais. À Tokyo, le gouvernement japonais se préoccupe quant à lui de moderniser le pays pour rattraper les puissances européennes.
Bigot ne se satisfait pas de la vie étriquée des concessions et part vivre dans les quartiers populaires pour s’immerger dans la vie japonaise. Très vite, il apprend et maîtrise le japonais qu’il parle avec l’accent de Tokyo, s’intéresse à la peinture traditionnelle, prend des cours de calligraphie et de shamisen, transcrit son nom en japonais : Bigô (littéralement "le pays de la beauté") ou Bikô ("celui qui aime la beauté"). Il vit dans une maison japonaise, vêtu d’un kimono et chaussé de geta. Passionné par la vie de la rue, il invite chez lui les gens du commun qu’il rencontre pour en faire les modèles de ses œuvres. Cet intérêt n’était pas du goût de tous les Japonais ; dans un article du Kaishin Shimbun de 1886, on peut lire : "Il y a dans le quartier de Kōjimachi, un artiste français du nom de Bigot qui est arrivé récemment au Japon. Il invite chez lui des éboueurs, des chanteurs de rue ou des marchands ambulants, et fait des esquisses de ce genre de Japonais qu’il envoie en France. Ce style de dessin joue au détriment de notre réputation parmi les étrangers. Nous devrions nous débarrasser de ce genre de personnages...".
Cet intérêt pour le Japon tel qu’il était avant l’influence occidentale le pousse à choisir comme sujet pour ses tableaux et croquis la vie quotidienne et ses traditions. C’est ainsi que dès 1883, il publie au Japon deux albums d’eaux-fortes, "ASA" (Le matin en japonais) et "O-HA-YO" (Bonjour). Trois autres albums suivent jusqu’en 1889 : "MA-TA" (Encore, 1884), "Croquis Japonais" (compilation d’images issues des trois précédents, 1886) et "Le Japon" (1889), qui connaissent un certain succès. Dans ses albums, Bigot y offre des dessins vivants cherchant à saisir la beauté ou la poésie d’un moment du quotidien, avec des attitudes et expressions semblant prises sur le vif. L'humour est présent dans certains dessins, quand il fait cohabiter des éléments traditionnels japonais avec des éléments occidentaux, pour se moquer des excès de l’occidentalisation.
En mars 1884, son contrat avec l’École Militaire se termine. Il devient professeur de français à la Futsugaku-juku, école de français fondée par Nakae Chōmin (1847-1901), penseur et traducteur de Rousseau en japonais. Il commence à vivre avec une Japonaise, O-Kiku. En parallèle, Bigot gagne aussi sa vie en illustrant des romans et certains titres de la presse japonaise, comme le Kaishin Shimbun (La Réforme). En 1886, il s’apprête à rentrer en France, mais le succès commercial de Croquis Japonais et l’influence de son ami Nakae Chōmin le poussent à prolonger son séjour. Nakae Chōmin amène en effet Bigot à s’intéresser au Mouvement pour les libertés et les droits du peuple (Jiyū Minken Undō, mouvement démocratique opposé aux oligarques au pouvoir).
C’est ainsi qu’il se lance en 1887 dans l’édition d’un journal illustré bimensuel, "Tôbaé", qui paraît entre février 1887 et décembre 1889 et qui marque le virage de Bigot vers la caricature. Sous-titré journal satirique, Tôbaé se présente en effet comme le successeur spirituel du "Japan Punch" (1862-1887), journal satirique de l’anglais Charles Wirgman sur la vie dans les concessions occidentales au Japon. Toba-e signifie littéralement "image de Toba" et fait référence à Toba Sōjō, peintre japonais des XIe-XIIe siècles à qui est attribué un rouleau de caricatures d’animaux, "Chōjū-giga". Publié à Yokohama, Tôbaé se compose uniquement d’illustrations et s’adresse aussi bien aux Occidentaux - les légendes sont en français - qu’aux Japonais, des textes en japonais étant insérés dans les images.
Ce journal est célèbre en son temps pour ses caricatures de la vie politique et mondaine japonaises et de l’occidentalisation. Certaines caricatures, comme "Une partie de pêche", sont connues de tous les Japonais de nos jours car elles se retrouvent dans les manuels scolaires. Dans un contexte social où de nombreux journalistes sont arrêtés et la presse censurée, Bigot est très mal vu par le gouvernement japonais ; seul son statut d’étranger lui évite la prison. À partir de 1888, il s’auto-censure en supprimant les sous-titres japonais de ses caricatures puis en ne ciblant que les étrangers vivant au Japon.
Après la fin de Tôbaé en 1889, il lance trois nouveaux journaux satiriques à l’existence éphémère dans les années qui suivent : "La Vie Japonaise" (1890, puis 1898-1899), les "Potins de Yoko" (1890-1891), puis "Le Potin" (1893-1894). Il continue également à publier régulièrement de nouveaux albums jusqu’en 1899, souvent humoristiques, comme "La journée d’une Guesha" (1891).
Signalons également que sur toute la durée de son séjour, Bigot ne se contente pas de rester à Yokohama mais voyage dans tout le Japon : il s’est ainsi rendu à Nikkō, Kyoto, Gifu (juste après le séisme de 1891, pour en faire des croquis), Hiroshima, Iwate (après le tsunami de 1896) etc. Il a également vécu successivement dans plusieurs villes : Yokohama, Kyoto, Tokyo, Inage etc. En juillet 1894, il se marie avec une Japonaise, Sano Masu, avec qui il a un fils, Maurice.
Fin juillet 1894 éclate la première guerre sino-japonaise (1894-1895) qui se déroule principalement en Corée. Le journal anglais The Graphic, à qui il envoie des illustrations sur le Japon depuis 1887, l’envoie couvrir le conflit aux côtés de l’armée japonaise. Bigot fait également parvenir des croquis et des photos au Monde illustré. Il retourne au Japon en novembre 1894.
En 1899, les traités inégaux entre le Japon et les Occidentaux sont renégociés : c’est la fin des concessions et de l’extraterritorialité. La montée de la xénophobie suite à la victoire sur la Chine et la perspective de devoir travailler sous la censure le poussent à quitter le Japon en juin 1899, après avoir divorcé de sa femme japonaise et pris son fils avec lui.
Installé à Paris, il fournit des illustrations et des caricatures pour des journaux, des menus de restaurants, des publicités, des romans, des cartes postales etc. Déçu de la vie parisienne, Bigot déménage à Bièvres en 1907, dont l’air convient mieux à la santé fragile de sa fille aînée, née d’un remariage peu après son retour en France. Il y mène une vie retirée où la nostalgie du Japon ne le quitte pas : il crée un jardin japonais autour de son atelier et on peut le croiser dans les rues de la ville en kimono, ce qui amène ses habitants à le surnommer "le Japonais". Son départ de la capitale marque sa rupture avec le journalisme parisien et il vit désormais de menus travaux d’illustration. On lui doit notamment des images d’Épinal sur l’Asie, signées pour certaines Hidari Kiki (littéralement Gaucher, en référence à l’artiste japonais Hidari Jingorō). Vingt-sept ans après avoir quitté le Japon, il travaille à l’illustration du roman Masako de Kikou Yamata. C’est l’un de ses derniers travaux avant sa mort en 1927, qui survient alors qu’il peint dans son jardin japonais.
Le fonds Asie du Sud-Est et Monde Insulidien (ASEMI) conserve 147 photographies (dont 91 redécouvertes par hasard dans le fonds en mars 2024) de la première guerre sino-japonaise prises par Georges Bigot. L’origine de ces tirages est obscure. Ils ont peut-être été donnés par Bigot en 1895 à Louis-Jules Dumoulin (1860-1924), un ami artiste qui les aurait utilisés pour peindre cette année-là un "Panorama de la guerre sino-japonaise" exposé à Tokyo. La collection photographique du peintre Dumoulin a rejoint après sa mort les collections de l’ancien Musée des colonies de Paris, dont une partie du fonds Asie a ensuite été déposée dans les années 1960 au CeDRASEMI, l’ancêtre du fonds ASEMI actuel. D'autres clichés du Japon de la collection Dumoulin conservés dans le fonds ont peut-être également été pris par Bigot, comme il a rendu service à Dumoulin lors de ses différents séjours effectués au Japon entre 1888 et 1897. À noter que d'autres tirages de ces photos existent au Kawasaki City Museum et au Musée national d’histoire japonaise (qui conserve un album avec des légendes en français de la main de Bigot).

Ressources liées

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Dumoulin, Louis Jules (1860-1924) Collègue Personne
Créateur
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[Maréchal Oyama et son état major. Kinchin] Image fixe
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[Infirmières. Hôpital de Fusan] Image fixe
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[Coolies puisant de l'eau devant la porte de l'hôpital de Fusan] Image fixe
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Relation
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Guerre sino-japonaise (1894-1895) Participant(s) Événements
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[La pêche à l'épervier] Sujet Image fixe