[Sans titre]
Classe
Image fixe
Type
fre
Photographie
Titre
fre
[Sans titre]
Créateur
Éditeur
fre
Studio Fernand Aimé (Rabat)
Numérotation de l'éditeur
7
Lieu de création
Date
Langue
fre
Couverture spatiale
Format
JPEG
recto : 569 Ko. verso : 401 Ko.
fre
2 vues
Technique et dimensions
8.7*6 cm
Provenance
Source
fre
Université Côte d'Azur. BU Lettres Arts Sciences Humaines. Fonds Henri Bosco
Cote
BOS 920
Identique à
Droits
fre
Droits réservés. Nous contacter
Identifiant pérenne
Source(s) utilisée(s)
Description
Photographie en plan large d'un sentier au milieu de cèdres, avec la silhouette d'un homme équipé d'un chapeau et d'une canne de marche.
Cet homme est vraisemblablement Henri Bosco, et le lieu le lac de l'Aguelmane de Sidi Ali. Une autre photographie portant le même numéro de développement est prise à Khénifra, qui se situe à 2 h 30 de route du lac, ce qui appuie cette identification. Le décor correspond aussi à une photographie de Madeleine Bosco prise au lac et envoyée aux Bonjean avec le message suivant : "Pour Touria Bonjean/que j'aime beaucoup/En souvenir de l'Aguelmane/et de cet heureux jour/18 octobre 1940/M.M. Bosco". Les Bosco et les Bonjean séjournent en effet ensemble dans un hôtel proche du lac en octobre 1940, où les Bosco restent un peu plus longtemps ce qui donne lieu à cette dédicace de Madeleine et à une lettre d'Henri Bosco qui se plaint des nouveaux arrivants à l'hôtel moins à son goût que ces amis : « Notre regret de votre départ est donc plus vif encore du fait de cette invasion des libres-échangistes. Et il est triste à dire qu'ils ont tous l'accent de mon pays. Les plus élevés des humains sur ces bords lacustres restent indubitablement M. Santacreu et sa femme. Quant à leurs successeurs, ils croissent et multiplient. Je ne sais d'où on les sort. Ils font tout ce qu'il faut pour qu'on n'ignore pas qu'ils sont les propriétaires. Ils occupent la meilleure table, mangent les meilleurs plats, boivent les meilleurs vins et s'ils ne font pas les meilleurs bruits, du moins en produisent-ils une quantité qui dépasse toute mesure. Leur présence ne passe pas inaperçue. […] Je plains le Saint homme Sidi Ali ; car j'ai comme une idée que ces hôtes comptent surtout sur la clientèle casablancaise dont on dit que les goûts contemplatifs ne sont pas fort développés. Hélas! Dès qu'un beau site vient à la connaissance du commerce, il n'y a plus moyen de lui manifester quelque amitié. C'est un lieu interdit. Je propose de créer des zones sacrées, où ne pénétreraient que quelques-uns.
Mais où prendre le sacré, de nos jours ? ».
Et de raconter également leurs randonnées sur le bord du lac, auxquelles on peut rattacher cette photographie : « Hier matin de 9 h. à midi nous avons parcouru une bonne étendue de la forêt de cèdres, située au-dessus de l'hôtel - côté bûcherons. On y monte en 1 heure et on peut s'y promener une semaine. Nous n'en avons exploré qu'une faible partie, mais admirablement belle, odorante, panoramique. Il nous reste vers l'Est de vastes espaces, encore plus boisés, à pénétrer. Ils surplombent, du haut de belles falaises rocheuses, tout un pays mamelonné et couvert de cette herbe rase et tibétaine où nous avons vu, dans les fonds, très bas, des tentes et des troupeaux. Au loin, de longues crêtes bleuâtres couvertes de forêts. Cette course ne nous ayant pas du tout fatigués, nous avons grimpé, l'après-midi, à la source et au col des Gazelles. »
Mais où prendre le sacré, de nos jours ? ».
Et de raconter également leurs randonnées sur le bord du lac, auxquelles on peut rattacher cette photographie : « Hier matin de 9 h. à midi nous avons parcouru une bonne étendue de la forêt de cèdres, située au-dessus de l'hôtel - côté bûcherons. On y monte en 1 heure et on peut s'y promener une semaine. Nous n'en avons exploré qu'une faible partie, mais admirablement belle, odorante, panoramique. Il nous reste vers l'Est de vastes espaces, encore plus boisés, à pénétrer. Ils surplombent, du haut de belles falaises rocheuses, tout un pays mamelonné et couvert de cette herbe rase et tibétaine où nous avons vu, dans les fonds, très bas, des tentes et des troupeaux. Au loin, de longues crêtes bleuâtres couvertes de forêts. Cette course ne nous ayant pas du tout fatigués, nous avons grimpé, l'après-midi, à la source et au col des Gazelles. »
Le lac Aguelmame Sidi Ali est un lac du Moyen Atlas, proche de Tigulemamine, à la limite entre les régions de Fès-Meknès et du Draâ-Tafilalet. Il est entouré d'une forêt de cèdres, dans un paysage de ressemblance préalpine. Situé à environ 2 075 m d'altitude au coeur du Moyen Atlas, il est dominé le massif du djebel Sidi Ali qui culmine à 2 395 m, et qui porte le nom lui aussi du tombeau d'un saint local évoqué par Henri Bosco dans sa lettre.
Tirage du studio Fernand Aimé de Rabat, numéroté au crayon 7.
Annotations
"les cèdres" (verso)
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