Guibert, Armand (1906-1990)

Description

Après sa scolarité au Petit Séminaire de son village de Saint-Sulpice, Armand Guibert suit des études d’anglais à l’Université de Toulouse, qui le mène à exercer de 1926 à 1928 comme lecteur à Cambridge, où il écrit un premier ouvrage sur le poète Rupert Brooke qui sera publié en Italie en 1933. Il est ensuite, en octobre 1929, nommé professeur d’anglais à Sousse, où il est collègue de Jean Amrouche. Celui-ci le rejoint en 1937 au Lycée Carnot de Tunis, où il est nommé en 1932 et où il reste en poste jusqu’en 1941. Il reprend avec lui la revue « Mirages » en 1932 et crée les éditions du même nom. Armand Guibert est le premier à éditer Jean Amrouche. Lors de ces vacances estivales, il voyage dans les îles Djerba, Kerkenna, Pantelleria, la Sicile, la Sardaigne, et en Europe en auto, avec Amrouche et le couple des Schveitzer présenté par Jean Grenier. En 1934, il fonde, toujours à Tunis, la collection des « Cahiers de Barbarie », où il fait découvrir les œuvres des poètes Patrice de La Tour du Pin, Henry de Montherlant, le malgache Jean-Joseph Rabearivelo, Milosz, ou encore le Sud-Africain Roy Campbell. Cette collection est un des jalons les plus puissants d’une vision cosmopolite de la littérature : « chacun de vos Cahiers de Barbarie apportait une voix des quatre coins du monde. Et vous y étiez Roi de Poésie, distribuant vos couronnes » selon Patrice de la Tour du Pin (Lettre du 9 avril 1958, publiée par les « Cahiers des Amis de Milosz »). Il est en Tunisie, le relais de la littérature accueillant tous les écrivains de passage comme l’écrit Brasillach en 1937 : « En Tunisie, c’est la poésie même que je rencontrais. Son haut-commissaire en Afrique du Nord, un garçon de trente ans, professeur à Tunis, Armand Guibert, me montrait ses précieux « Cahiers de Barbarie » » (« Notre avant-guerre », Plon, 1941, page 207.)
En 1938-1939, il reprend les éditions Monomotapa (1938-1939), chez lesquelles il édite cinq ouvrages dont son « Périple des îles tunisiennes », couronné par le prix de Carthage en 1938, et les « Chants berbères de Kabylie » de Jean Amrouche. En Tunisie, il participe également à Radio-Tunis fondée par Philippe Soupault. De 1939 à 1941, il anime avec Jean Amrouche la page littéraire de « La Tunisie française littéraire », où sont publiés Pierre Emmanuel, Henri Bosco, Albert Camus et Jules Roy…. Il rencontre à Alger Emmanuel Roblès et Albert Camus, dans l’entourage d’Edmond Charlot avec qui il collabore. Il collabore également avec les Editions Seghers, en tant que membre du comité de rédaction de la collection « Poésie » 39, 40, 41 et 42, et pour deux volumes de la collection « Poètes d'aujourd'hui », consacrés à Léopold Sédar Senghor et Fernando Pessoa. Il a découvert et rencontré ce dernier lors d’un séjour à Lisbonne entre 1941 et 1943, grâce à une bourse de voyage des Hautes Études du Portugal et à l’entremise de Pierre Hourcade, directeur de l’Institut français où il lui confie un poste de professeur. Il en est l’introducteur en France grâce à ces traductions et toute sa vie se fait passeur de son œuvre en multipliant conférences, articles, voyages au Portugal, traductions… Après le Portugal, et deux passages à Alger en septembre 1942 où il rencontre André Gide, puis en 1943, il est affecté à sa demande à Rome en mars 1944, où il est professeur au Lycée Chateaubriand et assure la direction littéraire de l’hebdomadaire « Présence » tout en étant chargé de mission auprès des Services culturels de l'Ambassade de France.
En 1946, il reprend contact avec les Editions Charlot par l’intermédiaire de son ami Jean Amrouche, alors directeur littéraire de la maison : afin d’éviter de reprendre l’enseignement, il obtient le titre de « Chef des services littéraires étrangers », où il choisit les œuvres étrangères à traduire, en négocie les droits, choisit les traducteurs, le cas échéant traduit lui-même. Mais les éditions Charlot sont sur le déclin et ses quelques traductions pour celle-ci ne paraissent pas et les collaborations avec d’autres traducteurs restent de même non concrétisées. Infatigable voyageur, il se rend en Afrique du Sud en 1946-1947. Il participe à de nombreuses missions pour l’Éducation nationale et voyage dans l’océan Indien, en Afrique, et notamment au Sénégal, où il travaille aux côtés de Léopold Sédar Senghor, et en Amérique latine. Il donne toute son énergie à faire connaître l’œuvre de Pessoa. Il prend sa retraite en 1965, résidant à Paris, Marrakech et Saint-Sulpice (Tarn).

Relation(s)

Les deux hommes sont amis depuis 1937, et d’autant plus proche, que la revue « Mirages » d’Armand Guibert est un modèle pour l’entreprise « Aguedal », dont Armand Guibert est co-directeur littéraire pour la Tunisie. Comme toujours avec ses amis, Henri Bosco publie des compte-rendus élogieux dans « Aguedal » des œuvres d’Armand Guibert : les « Cahiers de Barbarie » en mars 1937 et « Oiseau privé » en mai 1940 ; tandis qu’Armand Guibert y offre ses textes dès le numéro 2 de juin 1937 et en tant que directeur littéraire, compose le numéro spécial consacré à la poésie de septembre 1938 (3ème année, numéro 4).

Ressources liées

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Contributeur
Titre Libellé alternatif Classe
Aguedal, 3ème année, n°4 Contributeur(s) Texte
Aguedal Contributeur(s) Texte
colleague
Titre Libellé alternatif Classe
Amrouche, Jean (1906-1962) Collègue Personne

Classe

Personne

Forme retenue

fre Guibert, Armand (1906-1990)

Autres formes du nom

fre Armand Guibert

Identifiant de la personne dans un référentiel externe

Nom de famille

fre Guibert

Prénom(s)

fre Armand

Langue

fre

Nationalité

fr

Genre

fre masculin

Identifiant pérenne

Date de naissance

fre 11 mars 1906
1906-03-11

Date de mort

fre 10 juillet 1990
1990-07-10

Lieu de naissance

Portrait, représentation de la personne

Récompense(s) reçue(s) par la personne décrite

fre Prix de Carthage pour "Périple des îles tunisiennes" (1938)

Profession / Activités

fre Poète, journaliste, traducteur (notamment des oeuvres de Fernando Pessoa), éditeur

Collègue

fre Aux dires d’Armand Guibert, Jean Amrouche et lui se rencontrèrent la première fois à Sousse, dans un café où ils firent connaissance immédiatement autour de strophes d’Apollinaire et Milosz. Leur communauté d’esprit s’affermit également lorsque Jean Amrouche emmena Armand Guibert chez les siens à Ighil-Ali et par les nombreuses rencontres et découvertes littéraires qu’Armand Guibert offre à son ami kabyle, notamment le couple Schveitzer avec qui ils partent en voyage en Europe : dans le conflit permanent entre ses origines berbères et son éducation européenne, Jean Amrouche retire de son amitié avec Armand Guibert cette connaissance de l’Europe : « Grâce à toi, j’ai connu un peu d’Europe, élargi mon horizon, enrichi immensément mon imagier du monde et préparé « Etoile secrète » » (Lettre à Armand Guibert, cité dans « Jean Amrouche (1906-1962) par un témoin de sa vie », page 27). En 1938, lorsque Jean Amrouche rejoint Tunis, Armand Guibert lui propose la création d’une nouvelle collection « Monomotopa » où paraîtraient deux de leurs livres : le premier de Jean Amrouche sera « Chants berbères de Kabylie ». Ils collaborent ensemble pour la « Tunisie française littéraire », puis plus tard à Paris aux Editions Charlot. Mais Jean Amrouche s’éloigne sensiblement de son ami dès 1938, et surtout à partir de 1940, lorsqu’Armand Guibert rentre en Europe : devenu très autoritaire dans ses relations gouvernées par le travail éditorial, Jean Amrouche décide unilatéralement d’arrêter la « Tunisie française littéraire » en 1942, ignore les conseils littéraires de son « Chef des services littéraires étrangers » aux Editions Charlot et ils ne collaboreront plus après la faillite de ces dernières.

Source de la notice

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fre Guibert, Armand (1906-1990)