Boissière, Jules (1863-1897)

Classe

Personne

Forme retenue

fre Boissière, Jules (1863-1897)

Autres formes du nom

fre Boissière, Juli (1863-1897)

Pseudonyme(s)

fre Khou-Mi (1863-1897)

Identifiant de la personne dans un référentiel externe

Nom de famille

fre Boissière

Prénom(s)

fre Jules

Langue

fre

Nationalité

fr

Genre

fre Masculin

Identifiant pérenne

Date de naissance

1863-04-17

Date de mort

1897-08-12

Lieu de décès

Portrait, représentation de la personne

Profession / Activités

fre Journaliste
fre Écrivain

Membre de

Reprendre la forme retenue

fre Boissière, Jules (1863-1897)

Description

Écrivain et journaliste français, Jules Boissière a écrit les premières œuvres littéraires majeures en français inspirées par l'expérience de l'Indochine. Avant de découvrir le Viêt Nam, il se fait d'abord remarquer avec la publication de deux recueils de poésie provençale, "Devant l'énigme" (1883), et "Provensa !" (paru en 1887).
Jules Boissière embarque pour l'Indochine au mois de février 1886 à la suite de sa nomination comme Commis de Résidence ; il part aux côtés de Paul Bert, qui vient d'être nommé Résident général d'Annam-Tonkin et au service duquel il est affecté. Dès ses premiers mois passés dans le pays, il apprend le vietnamien et le chinois et lit beaucoup sur la société, la civilisation et l'art du Viêt Nam. Dispensé de service militaire en France, il doit l'effectuer en Indochine entre novembre 1886 et le début de 1888, d'abord dans le 11e bataillon de chasseurs à pied, puis dans les marsouins de l'infanterie de marine. Le Tonkin est à ce moment toujours en voie de conquête et l'armée française affronte pirates et rebelles opposés à la colonisation française, repliés dans des lieux reculés de la région. Cette période est riche en expérience : il combat, fréquente ses camarades militaires mais aussi des Vietnamiens (gens du peuple comme lettrés), prend l'habitude de fumer l'opium... Autant d'expériences qui inspireront plus ou moins directement toutes les nouvelles de son futur recueil "Fumeurs d'opium".
Après son service, il reprend sa carrière de fonctionnaire dans l'administration coloniale. Il demande à être envoyé dans des postes éloignés, loin des villes en voie d'européanisation, pour parfaire sa connaissance de la civilisation vietnamienne. Son premier récit inspiré de son expérience militaire est "Le Carnet d'un soldat", qui paraît en feuilleton dans L'Avenir du Tonkin en 1889 (par la suite inséré dans "Fumeurs d'opium" sous le titre "Carnet d’un troupier"). En 1890, l'opium lui inspire deux plaquettes : "Le Bonze Khou Su", publié sous le pseudonyme Jean Rodde, puis "Propos d'un intoxiqué", publié sous le pseudonyme Khou-Mi. Ces deux dernières nouvelles sont rééditées après sa mort dans le recueil "Propos d'un intoxiqué", qui contient également "Terre de fièvre" et "Cahier de route".
Jules Boissière retourne en France en 1891 pour sa première permission, après 5 années de service. C'est là qu'il épouse Thérèse Roumanille, fille de l'écrivain avignonnais Joseph Roumanille. Il retourne au Tonkin l'année suivante, en 1892, accompagné de sa femme. En parallèle de sa carrière de fonctionnaire, il fonde en 1893 avec l'éditeur François-Henri Schneider la Revue indochinoise, dont il assure la direction pendant les deux premières années de sa parution, revue qui publiera par la suite les principaux auteurs français d'Indochine. C'est lors de ce deuxième séjour indochinois qu'il écrit ses récits les plus marquants. Il retourne une nouvelle fois en France au début de l'année 1895 pour son deuxième congé. C'est à cette occasion qu'il fait publier par Flammarion en 1896 ses nouvelles, regroupées dans le recueil "Fumeurs d'opium". Recueil qui contient "Dans la forêt", "La prise de Lang-Xi", "Comédiens ambulants", "Le blockhaus incendié", "Les génies du mont Tân-Vien" et "Une âme (journal d’un fusillé)", récits inédits auxquels est ajouté le "Carnet d'un troupier". Réédité en 1910 par le soins de sa veuve, de Jean Ajalbert, d'Albert de Pouvourville et du Comité des Français d'Asie, ce recueil reste de nos jours l'une des œuvres indochinoises les plus appréciées.
Jules Boissière retourne au Tonkin pour son troisième séjour au mois de mars 1896 ; il occupe alors dans l'administration coloniale le poste de Vice-Résident de première classe. De santé délicate, il meurt prématurément en août 1897, à seulement 34 ans. Contrairement à la plupart des auteurs français de son temps qui se contentaient d'observations superficielles sur le Viêt Nam, Jules Boissière fait partie des rares qui ont tenté de comprendre sans préjugés le peuple vietnamien. Ainsi écrit-il dans son "Cahier de route" (inséré dans "Propos d'un intoxiqué", 1909, p. 270) : "J'ai noté ce simple fait que ceux qui n'ont jamais étudié de près les Annamites, qui ont négligé ou évité de vivre avec eux, les méprisent comme des êtres inférieurs ; — et que ceux-là qui ont étudié leur civilisation et connu à fond la psychologie annamite, les Philastre, les Rheinart, etc., etc., les ont estimés et ne peuvent les dédaigner. On a crié contre eux à propos de cela, justement ; mais, fermant volontairement les yeux, les nigauds qui ont crié n'ont pas voulu voir que ceux-là qui estimaient les Annamites et honoraient leurs mandarins, étaient précisément ceux-là seuls qui les connaissaient et qui, en bonne justice, étant seuls en état d'étayer leurs idées d'arguments sérieux, auraient dû être seuls reconnus dignes d'être écoutés sur ces questions.".

Ressources liées

Filtrer par propriété

members
Titre Libellé alternatif Classe
Félibrige Membre(s) de l'organisation Organisation
Contributeur
Titre Libellé alternatif Classe
Lectures littéraires sur l'Indochine Contributeur(s) Texte
L'Indochine par les Français Contributeur(s) Texte
Sujet
Titre Libellé alternatif Classe
La philosophie de Jules Boissière Sujet(s) Texte
Créateur
Titre Libellé alternatif Classe
Fumeurs d'opium : comédiens ambulants Créateur(s) Texte